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Machi-hoiku & Satoyama

Publié le 
28/04/2020
 - 
Auteur : 
Andrew Harvey

Machi-Hoiku (街保育) et Satoyama (里山).

Extrait de Machi-hoiku et Satoyama publié dans Paysage 2020 (La revue annuelle de l’Association des architectes paysagistes du Québec)

À l’échelle mondiale, il existe une forte impulsion pour améliorer les espaces d’éducation de la petite enfance. Le Japon, en particulier, semble être à l’avant-garde de cet élan. Ces dernières années, j’ai eu la chance d’observer de près quelques-uns des incroyables espaces pour enfants qui existent là-bas. En novembre 2018, lors de la conférence de l’International School Grounds Alliance à Yokohama, au Japon, j’ai découvert certaines philosophies et approches inspirantes en matière de conception des espaces pour enfants. Deux concepts en particulier se distinguent en tant que puissants moteurs de design en lien avec les enfants : Machi-Hoiku (街保育) et Satoyama (里山).

Machi-Hoiku se traduit approximativement par garde d’enfants du village et s’explique mieux par le proverbe « Il faut un village pour élever un enfant ». Comme la plupart des centres d’éducation préscolaire du Japon sont de taille très limitée et que les communautés dans lesquelles ils sont hébergés disposent également d’un espace restreint, les enfants passent beaucoup de temps hors des cours d’école, dans la communauté, avec laquelle les centres d’éducation partagent espaces et ressources. Cette entente réciproque est si commune que les installations sont souvent conçues dans cette optique.

Le deuxième concept – Satoyama – évoqué à plusieurs reprises lors de la conférence, se traduit vaguement par village-montagne. C’est un concept très ancien et profondément enraciné au Japon. Quelque peu similaires au système anglais des espaces communs (the commons), les Satoyama sont des réserves agricoles et forestières qui appartiennent aux communautés qu’elles desservent, qui en assurent collectivement la gestion. De nombreuses écoles participent à ce système grâce à des activités telles que la plantation de riz dans les champs voisins.

Que ce soit intentionnellement ou par habitude, ces deux concepts alimentent la structure et la conception de nombreux centres pour enfants au Japon. Deux centres que j’ai visités, l’école maternelle Akishima Sumire et l’école maternelle Sazanami-no-mori, sont des exemples de Machi-Hoiku et de Satoyama appliqués à l’environnement bâti. Les deux centres pour enfants enrichissent les jeunes et la communauté grâce, en grande partie, à des espaces construits avec un but et un sens.

Machi-Hoiku et Satoyama ce ne sont pas des concepts pouvant résoudre tous les problèmes auxquels nous sommes confrontés en tant que designers d’aires de jeux pour enfants, mais leur manifestation physique, les espaces communautaires dans les écoles et les potagers pour cultiver et manger ensemble peuvent être développés ici plus souvent. Il faudrait alors utiliser nos propres concepts pour créer des espaces conçus à cet effet, dans lesquels les enfants et les communautés pourraient grandir ensemble.

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